Rafael Gomez Nieto, dernier survivant des Espagnols libérateurs de Paris, est mort du coronavirus


 Grande tristesse d'apprendre la disparition, à cause du Covid 19 du dernier membre de la Nueve. Relire l'ouvrage d'Evelyn Mesquida sur la Nueve, préfacé par Jorge Semprun. Une page d'histoire se tourne , à nous de transmettre leur mémoire.

Laurent Bonsang
Président de l'AAJS

Il avait 99 ans et avait survécu à la Guerre civile espagnole et à la Seconde Guerre mondiale : Rafael Gomez Nieto, libérateur de Paris, est décédé mardi 31 mars du coronavirus.

Publié par Actu.fr le 1er Avr 2020 à 11:55

Dans la 2ème division blindée du général Leclerc, la 9ème compagnie a un rôle à part : elle a été la première à entrer dans Paris, le 24 août 1944. Le dernier survivant de cette compagnie surnommée « La Nueve » car composée d’Espagnols, Rafael Gomez Nieto, est mort du coronavirus, mardi 31 mars 2020 à Strasbourg (Bas-Rhin), dans une maison de retraite.

 





 

 

Combattant en Espagne, il s’enrôle dans les Forces françaises libres Combattant républicain lors de la Guerre civile espagnole, Rafael Nieto Gomez avait participé à la plus grande bataille qui a opposé les forces républicaines aux nationalistes, celle de l’Èbre, en 1938. Il avait 17 ans et a dû fuir son pays, direction la France. Une fois passée la frontière, il a été internée, rappelle le quotidien espagnol El Mundo. Ayant fui le camp d’internement pour l’Algérie, Rafael Nieto Gomez a rejoint les Forces françaises libres du général De Gaulle.

Celles-ci étaient composées de toutes les nationalités de l’empire colonial français et de volontaires. Engagé dans la 2e division blindée en 1943, le jeune homme a été affecté à la 9e compagnie, forte de 160 hommes dont 146 espagnols, surtout anarchistes. Des combattants précieux pour les FFL, a raconté Rafael Nieto Gomez aux Dernières nouvelles d’Alsace en 2010 : La Nueve était une unité de choc. Nous étions tous des vétérans de la campagne d’Espagne, certains avaient combattu en Afrique. On connaissait la guerre. Leclerc le savait. Il nous envoyait en première ligne.

De la Porte d’Italie au Nid d’aigle Débarquée en Normandie fin juillet 1944, « La Nueve » signera son principal fait d’armes le 24 août 1944, étant la première unité de combat alliée à entrer dans Paris, à 20 heures, par la Porte d’Italie. Une petite heure et demie plus tard, le groupe arrivait à l’Hôtel de Ville. Les véhicules blindés de la section se sont postés. Celui piloté par Rafael Nieto Gomez s’appelait Guernica. Après Paris, les combattants de « La Nueve » ont suivi la route du Général Leclerc. Ils ont libéré Strasbourg le 23 novembre, avant d’être parmi les premiers à prendre « le nid d’aigle », résidence secondaire d’Adolf Hitler en Allemagne, le 5 mai 1945.

 

De cette épopée, Rafael Gomez Nieto avait gardé « un service à thé en argent et une caméra » des nazis, avait-il raconté à El Mundo. Lire aussi : « On a pris les armes de la douleur » : Madeleine Riffaud raconte la Libération de Paris Démobilisé, le soldat est reparti en Algérie, avant de s’installer à Strasbourg en 1955. Il y est décédé mardi 31 mars. Des libérateurs oubliés du récit officiel jusqu’en 2004 Ces Espagnols ont été oubliés dans le récit officiel de la Libération de France malgré leurs 35 morts et 97 blessés sur 160 hommes, car « la Libération de Paris ne pouvait être que française », a analysé l’historienne espagnole Evelyn Mesquida.

Ils n’ont obtenu reconnaissance de leur engagement qu’en 2004. La Ville de Paris a apposé sur le long du parcours emprunté par la division des médaillons les honorant. Rafael Gomez Nieto a obtenu la Légion d’Honneur en 2012 et un jardin a été baptisé en hommage aux combattants de « La Nueve » en 2015, par Anne Hidalgo, qui a rendu hommage au dernier survivant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rafael Gomez Nieto, dernier survivant des Espagnols libérateurs de Paris, est mort du coronavirus

 



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